Les hommes sont plus sensibles à la douleur que les femmes !?
Sans faire de généralité, il est
assez facile de constater que, lorsqu'un homme est malade, la Terre n'est pas
loin de s'arrêter de tourner. Tout s'effondre, ils sont à l'agonie... quand
bien même il ne s'agirait que d'un simple rhume, d'une migraine ou d'un petit
virus. Un mal de tête se transforme en tumeur ; une tendinite, en paralysie. Il
a une gastro ? Il reste au lit parfois deux jours tandis qu'une femme dans le
même état se lèvera pour assurer son quotidien : « Oui mais toi, ce n’est pas
vraiment la même gastro que moi », s'entend-on dire parfois. S'ils aiment qu'on
les plaigne, qu'on les chouchoute et qu'on les soigne, pourquoi retrouve-t-on
cette tendance chez de nombreux hommes, au-delà même de leur culture ou de leur
vécu ? Une étude canadienne explore la souffrance masculine Pour en savoir plus
sur ce phénomène, des scientifiques canadiens ont lancé une étude (publiée dans
Current Biology le 10 janvier 2019) impliquant des souris mâles et femelles
ainsi qu'un groupe d'hommes et de femmes. Aux souris, les chercheurs ont fait
subir de petites brûlures aux pattes et des piqûres qui engendrent des brûlures
d'estomac. Aux hommes, ils ont causé d'autres troubles : quelques brûlures à
avant-bras et le port d'un brassard prenant la tension artérielle pendant vingt
minutes. Tous, hommes comme souris mâles, ont eu mal la première fois. Mais ce
qui se passe ensuite révèle beaucoup : après avoir subi une nouvelle séance de
« torture », la douleur ressentie et exprimée était plus forte chez les hommes.
En cause, le souvenir de la souffrance, qui influerait sur la souffrance ressentie.
Tandis que de leur côté, femmes et femelles souris ne montraient pas la même
angoisse face aux douleurs passées. Une explication pour les maux masculins
Jeffrey Mogil, chercheur spécialiste de la douleur au département de
psychologie de l'université McGill, explique que « le stress de cette
anticipation provoquait une plus grande sensibilité à la douleur. Cette étude
nous autorise à penser que le souvenir de la douleur peut influer sur les
sensations douloureuses. L'exploration de ce phénomène pourrait nous donner des
indications utiles ».
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