La dictature n'a pas de préférence pour une langue, une religion ou une région. Elle est équitable dans ses mépris et ses dénis. La persécution des chrétiens de Kabylie est une manoeuvre de diversion comme l'est la chasse aux porteurs de l'emblème amazigh. La dictature finissante tente par là de pervertir la problématique politique et d'obscurcir les enjeux. Mais rien ne pourra plus venir à bout de la détermination citoyenne. Dans les esprits, l'autoritarisme fait déjà partie du passé. Personne n'est dupe. Le mal de l'Algérie est désormais connu et identifié. Le projet de révision de la loi sur les hydrocarbures a dissipé les doutes qui pouvaient encore subsister dans une partie de l'opinion. L'ennemi n'est pas le chrétien mais celui qui empêche l'autre d'etre chrétien. Il y a donc un problème de liberté et pas de religion. Interdire à des citoyens d'adorer Dieu à leur manière prolonge en réalité une série d'autres interdictions et révèle la volonté de maintenir la société dans le système unique. Car parler ou croire autrement prépare à penser autrement. Et la dictature ne peut prospérer en situation de diversité. La révolution actuelle est aussi l'insurrection de tous ces "autrement ". Le peuple est dans le juste. Ne pas le comprendre c'est se mettre en dehors du temps et de la raison. Le peuple vaincra. Il ne peut en être autrement.

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